Méthode pour un diagnostic de vulnérabilité du territoire
Faire le bilan des catastrophes climatiques et des évolutions moyennes passées
Le changement climatique impliquera dans sa grande majorité des aléas déjà connus du territoire. Il déterminera le plus souvent des conditions moyennes différentes de températures et précipitations et des événements extrêmes plus fréquents ou plus intenses. Chaque territoire est déjà confronté à un ensemble d’aléas et a déjà été confronté à une évolution des conditions climatiques moyennes depuis quelques décennies.
Il y a donc un intérêt certain à analyser les événements climatiques passés et les conséquences que ces derniers ont eu sur le territoire, pour comprendre les menaces qui pèsent sur ce dernier.
Le bilan des évolutions climatiques moyennes.
A l’aide de données d’observations réalisées par Météo-France sur des stations météo du territoire, on peut aisément déterminer les variations statistiques pour un ensemble d’indicateurs climatiques sur les dernières décennies.
On pourra ainsi comparer les températures moyennes par saison, le nombre moyen de jours de gel, les précipitations moyennes par saison, etc.
En complément, on pourra s’intéresser et s’inspirer des indicateurs définis par l’ONERC (http://www.onerc.org/indicateurs) pour des activités climato-dépendantes. Par exemple, les dates de vendange ou de floraison pour l’agriculture. Ils aideront la collectivité à apprécier les conséquences organisationnelles sur son territoire (ses activités notamment) des effets du changement climatique.
Une recherche historique dans les archives locales permettant de remonter au delà du 19ème siècle peut faire découvrir des événements oubliés.
Ce bilan servira à la fois d’argumentaire sur la réalité du processus à l’œuvre, mais dressera également une tendance et ses traductions locales.
Le bilan des évènements passés
Il s’agit de lister, pour tous les aléas ayant déjà affecté le territoire, les occurrences de l’aléa et les secteurs touchés.
Il faudra collecter le maximum d’informations relatives aux conséquences de ces aléas. On recherchera ainsi les impacts sur la population et sur les activités économiques (impacts physiques, impacts socio-économiques) qu’on tentera de chiffrer au maximum. On localisera et sectorisera au maximum les conséquences, afin de révéler des points noirs du territoire, particulièrement sensibles. On rappellera toutefois, qu’on ne peut pas tirer de conclusion forte pour les secteurs épargnés jusqu’à présent par un aléa : le territoire est il robuste intrinsèquement ou tout simplement parce qu’aucun aléa n’est survenu ?
L’analyse sera complétée par un regard porté sur l’organisation du territoire face à ces crises. L’objectif sera de comprendre :
- Quels ont été les facteurs caractéristiques du territoire qui ont conduit à de telles conséquences (points forts/points faibles),
- Quelles ont été les politiques ou projets mis en défaut par l’événement,
- Quelles ont été les capacités de retour à la normale après la crise,
- Quels ont été les actions et les moyens mis en œuvre en réponse jusqu’à maintenant pour se préserver ou pour limiter les conséquences de l’aléa.
A l’issue d’un tel travail, la collectivité sera capable de dire quel est le niveau de préparation de son territoire par rapport au contexte climatique actuel. Cette base essentielle l’appuiera fortement pour envisager la réactualisation de ce niveau au regard du contexte climatique futur.
Tirer les enseignements de catastrophes survenues dans d’autres territoires
Pour aller plus loin, la collectivité pourra envisager de s’intéresser aux impacts d’aléas encore jamais observés sur son territoire, mais qui se sont produits sur d’autres. Les enseignements d’un tel benchmark alimenteraient à la fois la vision d’un futur possible, mais également la vision des solutions qui pourraient s’offrir à la collectivité.
Cette méthode se rapproche des analogues climatiques développés par Hallegate, Ambrosi et Hourcade (CNRM, CIRED, IPSL). A partir des analogues climatiques on peut déterminer vers quel climat, existant actuellement, une ville ou un territoire se déplace (exemple : Paris ayant le climat de Cordoue).
En réfléchissant sur cette base, on comprend une partie des enjeux pour les projets à long terme : les problématiques se posant aujourd’hui à l’analogue seront en partie celles de demain pour le territoire d’étude (il faut moduler toutefois la constatation avec les spécificités propres du territoire étudié).
