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Agriculture, sylviculture

Contexte et enjeux

Chiffres clés 2007 :
  • 83% des émissions totales de N2O sont issues du secteur agricole
  • 79% des émissions totales de CH4 sont issues du secteur agricole
  • Les puits de carbone ont permis de séquestrer plus de 76 000 tonnes de CO2 en 2007

 

Agriculture

Sylviculture

Agriculture, sylviculture et biodiversité

 

Agriculture

Les pratiques agricoles actuelles sont responsables d’environ 20% des émissions de gaz à effet de serre nettes en France (sources et puits de carbone inclus). L’agriculture est le 3ème secteur le plus émetteur derrière les transports et l’industrie. Même si ses émissions connaissent une baisse constante depuis ces 20 dernières années (-11,6% depuis 1990 selon le CITEPA), ses potentiels de réduction restent encore immenses.


Les émissions de l’agriculture se caractérisent par une part importante des émissions de protoxyde d’azote (N2O) et de méthane (CH4), deux gaz au pouvoir de réchauffement fort (respectivement 310 et 21 fois plus intensifs que le CO2) :

  • Le N2O provient principalement des sols cultivés, conséquence de l’épandage d’engrais azoté et de matière organique ; Il représente 51% des émissions de GES du secteur mais est en baisse de 15% depuis 1990 en raison d’une moindre utilisation de fertilisants minéraux et d’une diminution du cheptel bovin.
     
  • le CH4 est essentiellement issu de la fermentation entérique des ruminants et du stockage des déjections animales dans les fosses ; Il participe à 40% des émissions totales du secteur.
     
  •  le CO2 ne contribue qu’à 8% des émissions totales du secteur (hors émissions liées à la fabrication des intrants) ; Les émissions de CO2 proviennent en partie de l’utilisation d’énergies fossiles (carburants pour les engins agricoles, chauffage des bâtiments…).


La consommation d’énergie directe de l’agriculture ne représente qu’environ 2% de la consommation nationale (65% pour les carburants de tracteurs, 25% pour le chauffage des serres et 10% pour les autres usages). Toutefois, 98% de cette énergie consommée proviennent de sources fossiles. Cette dépendance énergétique est renforcée par les intrants qu’elle utilise (engrais, aliments pour les animaux).

Au-delà des enjeux de maîtrise de l’énergie et d’atténuation/réduction des émissions de GES, le secteur agricole va faire face dans les décennies à venir à d’importants enjeux d’adaptation aux effets des changements climatiques. Parmi les impacts les plus certains du dérèglement des équilibres climatiques, l’augmentation des températures et les perturbations du cycle de l’eau (la succession d’épisodes de sécheresse et de pluies intenses) vont avoir, au même titre que l’augmentation de la concentration atmosphérique de CO2, un impact sur les rendements des cultures. Il sera positif dans certains cas, lorsque la hausse des températures cumulée à l’amélioration de la photosynthèse s’accompagnera d’une hausse du rendement, ou dévastateur lorsque de trop longues périodes de sécheresse ou des évènements climatiques extrêmes balaieront les cultures. Quoi qu’il advienne, les pratiques des exploitations agricoles devront être adaptées à de nouveaux contextes climatiques (déplacement des périodes de cultures et de récoltes, irrigation de certaines superficies, changement d’orientations technico-économiques, etc.). Dans un contexte de mondialisation des échanges et d’augmentation importante des besoins alimentaires, il est primordial d’intégrer les enjeux de l’adaptation au changement climatique.

Le secteur de l’agriculture fait donc face à un double enjeu :

 

  • contribuer à l’effort national de réduction des émissions de gaz à effet de serre  (en maîtrisant ses consommations d’énergie et en assurant la promotion de pratiques économes en ressources (engrais azotés, etc.) ;
  • anticiper les impacts des changements climatiques pour limiter la vulnérabilité de ses activités (en commençant par une étude des interactions entre conditions climatiques, typologies de cultures et pratiques culturales).

 

Sylviculture 

 

Bien que constituant, dans des proportions cependant beaucoup plus faibles, une source de N2O et de CH4 (respectivement 3,3% 3,5%), la forêt est un important puits de carbone. En effet, par le mécanisme de la photosynthèse, la forêt séquestre du carbone ; ce processus a permis de réduire les émissions brutes françaises de CO2 de 19,2% en 2007. Depuis 1990, le puits de carbone a augmenté de 81% en conséquence d’une sous exploitation de la ressource forestière. Le développement d’une gestion forestière durable, qui permet de préserver les écosystèmes forestiers et de maintenir la ressource tout en l’exploitant, contribuerait à préserver ce potentiel.


La forêt joue donc un rôle important dans l’atténuation/réduction des émissions de GES (puits de carbone) mais aussi dans la protection de la biodiversité et de la richesse naturelle des territoires. Pour cette raison, il est important qu’elle fasse l’objet d’une politique d’adaptation aux impacts des changements climatiques. Elle est en effet particulièrement exposée à des tempêtes plus fréquentes et plus violentes, à l’augmentation de la fréquence des sécheresses et des incendies, à l’augmentation de l’érosion dans les zones montagnardes et en zone méditerranéenne, au développement de nouvelles maladies fragilisant certaines espèces sous certaines latitudes, etc.

 

 

Agriculture, sylviculture et biodiversité

Aujourd’hui, les territoires agricoles et forestiers occupent plus de 80% du territoire métropolitain. La forêt gagne chaque année environ 70 000 hectares alors que 60 000 hectares de terrains agricoles sont urbanisés. Les départements et collectivités d’outre-mer abritent plus de 8 millions d’hectares de forêts primaires et d’écosystèmes forestiers d’une richesse exceptionnelle. La forêt et l’agriculture sont des espaces importants de qualité environnementale des territoires ruraux et de préservation de la biodiversité. Leur vulnérabilité aux impacts du changement climatique risque d’entraîner des modifications profondes dans la répartition et l’évolution de certaines espèces végétales et animales, déjà fortement fragilisées par l’intensification des pratiques agricoles, l’urbanisation croissante et le mitage des espaces naturels, la déforestation et la pollution. En France, les indicateurs nous décrivent une situation préoccupante : disparition des abeilles, évolution des essences forestières, modification des aires de répartition des espèces, raccourcissement ou allongement du cycle de vie de certaines espèces, développement d’espèces invasives…


La biodiversité est confrontée à des pressions multiples telles que l’artificialisation des milieux, le fractionnement des espaces naturels, la pollution des sols et des eaux, etc. Il est pour cette raison très complexe d’isoler les impacts directs du changement climatique sur la biodiversité à l’échelle d’un territoire. Les évolutions des aléas climatiques vont affecter certains de ces facteurs primaires de fragilisation de la biodiversité (dégradation de la qualité des eaux et pollution par l’ozone lors des épisodes de fortes chaleurs, dégradation des sols, etc.).


La biodiversité étant à l’origine de nos ressources naturelles, sa préservation doit être une priorité pour la survie de notre propre espèce et le maintien de notre équilibre écologique. Aussi bien les territoires ruraux que les territoires urbains sont concernés par cet enjeu. Dans les villes, l’aménagement d’espaces verts garantit des espaces de vie pour la nature. Il est primordial de les développer.