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Agriculture, sylviculture, espaces verts et biodiversité

Contexte et enjeux

Entre 3 et 4 milliards de tonnes de C sont stockées dans les 30 premiers centimètres des sols agricoles et forestiers de métropole En France, les sols et la biomasse représentaient en 2012 un puits de carbone net de 47,9 ktCO2eq, soit environ 13 % des émissions nationales de CO2 La France est au 8e rang des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces animales et végétales mondialement menacées
En 2011, l’agriculture est le troisième secteur émetteur de GES avec 21 % des émissions. Plus de 80 % du territoire national est occupé par l’agriculture et la forêt.

L’agriculture et la forêt sont deux domaines à forts enjeux pour le climat. Ils émettent des Gaz à effet de serre (GES), stockent du carbone, et produisent de la biomasse pour les énergies renouvelables et les biomatériaux. Par ailleurs, ces secteurs sont vitaux pour nos sociétés : production de nourriture, captage de gaz carbonique et production de l’oxygène grâce à la photosynthèse, entretien de la biodiversité, protection de la ressource en eau... Les collectivités territoriales peuvent accompagner ces secteurs dans la lutte contre le changement climatique via notamment la planification de leur territoire, leurs approvisionnements alimentaires et leur stratégie énergétique. Des outils d’aide à la décision existent de l’échelle de l’exploitation agricole à celle du territoire.

Agriculture : adapter les pratiques agricoles et préserver les stocks de carbone


L’agriculture est le 3ème secteur le plus émetteur de GES, derrière les transports et l’industrie. Même si les émissions du secteur connaissent une baisse constante depuis 20 ans, le potentiel de réduction reste important.

Les GES agricoles se caractérisent par une forte proportion de protoxyde d’azote (N2O) et de méthane (CH4), deux gaz au pouvoir de réchauffement à 100 ans 298 et 25 fois plus important que le CO2.

Ils proviennent de :

  • l’épandage d’engrais azoté et de produits résiduaires organiques, dont les effluents d’élevage (N2O) ;
  • la fermentation entérique des ruminants et le stockage des déjections animales (CH4 et N2O) ;
  • l’utilisation d’énergies fossiles : carburants pour les engins agricoles, chauffage des bâtiments…(CO2).
     

Des solutions existent et sont déjà utilisables pour limiter les émissions des systèmes de production : réduction de la fertilisation minérale et meilleure valorisation des effluents d’élevages, introduction de légumineuses dans les rotations, optimisation des rations animales, méthanisation, etc.

 

 

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RETOUR SUR LE COLLOQUE
Atelier 6 - Mobilisation des acteurs du secteur agricole dans les Plans Climat
Atelier animé par Sarah MARTIN, ADEME

 

L’agriculture a aussi la particularité de pouvoir contribuer positivement à l’atténuation du changement climatique :

  • en préservant les stocks de carbone qu’elle gère, en majeure partie dans les sols (préservation des stocks existants –prairies, zones humides - ; couverture des sols en interculture, plantation de haies et de bandes enherbées ou réduction du travail du sol) ;
  • en produisant de l’énergie renouvelable basée sur la biomasse ou la valorisation du bois de taille ou encore à partir de la méthanisation des effluents d’élevage.

Au même titre que l’augmentation de la concentration en CO2 dans l’atmosphère, l’augmentation des températures et les perturbations du cycle de l’eau auront un impact direct sur les cultures. Les pratiques agricoles devront impérativement être adaptées.

 

En croissance et faiblement émettrice de N2O et de CH4, la forêt française séquestre du carbone dans la biomasse et les sols, compensant 19,2 % des émissions brutes françaises de CO2 en 2007 par rapport à 1990. Ce puits de carbone résulte de la relative jeunesse de la forêt française, du faible taux de récolte (moins de 50 % de l’accroissement biologique annuel est prélevé) et l’effet fertilisant des dépôts azotés atmosphériques (issus par exemple des émissions industrielles). Les évolutions des pratiques sylvicoles peuvent avoir des impacts sur ce puits : l’augmentation des prélèvements va contribuer à le réduire mais l’utilisation des produits et sous-produits du bois permet de poursuivre le stockage (ex : bois construction) et de substituer des matériaux et des énergies d’origine fossile.

 

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RETOUR SUR LE COLLOQUE
Plénière 2 du 09/10/13 – Adaptation au changement climatique
Intervention de Hervé LE BOULER, Expert en ressources énergétiques forestières, ONF
Les conséquences possibles du changement climatique sur la forêt.

 

La sylviculture et la filière bois est ainsi identifiée par l’ADEME comme un secteur essentiel dans la transition énergétique par une valorisation accrue de bois pour la production de chaleur et de matériaux, en particulier dans la construction.

Comme l’agriculture, la forêt devra faire l’objet de mesures d’adaptation aux changements climatiques : certaines espèces seront fragilisées alors que d’autres pourront mieux résister.

 

Les actions positives pour le climat et les autres enjeux environnementaux


Si l’enjeu climatique justifie la mise en place d’actions d’atténuation et d’adaptation par les territoires et des collectivités, celles-ci peuvent bénéficier à d’autres enjeux comme la biodiversité ou encore la qualité de l’air et de l’eau. Ainsi par exemple, la gestion raisonnée de la fertilisation azotée qui permet de réduire les émissions de protoxyde d’azote limite également l’eutrophie des milieux aquatiques. De même, si des mesures telles que l’allongement de la durée des prairies temporaires, l’extension de l’agroforesterie ou la diversification des rotations permettent une augmentation du stockage de carbone des sols, elles favorisent également la biodiversité des sols mais également des milieux agricoles. Ainsi, la plupart des mesures d’atténuation et/ou d’adaptation ont généralement des effets positifs sur la qualité des milieux (air, eau et sol) et la biodiversité. Leur développement est donc à amplifier.