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Dans quels domaines agir ?

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Aménagement et urbanisme

Contexte et enjeux

Chiffres clés 2007 :
  • les domaines des transports et des bâtiments englobent 45% des émissions totales
  • la population urbaine a augmenté de 25% depuis 1960 et atteint 77,4% de la population totale
 
Le développement urbain de ces cinquante dernières années s’est caractérisé entre autres par une expansion non maitrisée des zones urbaines (60 000 hectares par an), un mitage progressif et une fragilisation des espaces agricoles et naturels, une augmentation de la mobilité et des déplacements en voiture, un éclatement des formes d’habitat. Tous ces phénomènes ont fortement contribué à l’augmentation de la consommation en énergie et des émissions de gaz à effet de serre du pays.
 
Ces choix en matière de politiques urbaines et d’aménagement du territoire ont aujourd’hui des conséquences environnementales, financières et sociales reconnues par les décideurs politiques. Le résidentiel est devenu le secteur le plus consommateur d’énergie en France et les transports, le premier secteur responsable des émissions de gaz à effet de serre. La concentration des populations dans les zones urbaines est un facteur de renforcement de la vulnérabilité des villes, de leurs populations, de leur bâti, de leurs réseaux et infrastructures. Le phénomène des « îlots de chaleur urbains », qui peut entraîner une surchauffe en milieu urbain dense de plus de 10°C par rapport à une zone rurale proche est une illustration des problématiques spécifiques aux zones urbaines. La menace d’inondation par submersion des logements, infrastructures et réseaux installés en zone côtière – dont l’impact économique se chiffre en dizaines de milliards d’euros – en est une autre. L’urgence climatique et énergétique conjuguée aux enjeux socio-économiques conduisent les collectivités à s’orienter vers un mode d’urbanisme et d’aménagement du territoire plus durable qui garantit une gestion économe en ressource et en espace
 
L’urbanisme et l’aménagement du territoire sont des domaines d’actions transverses. En effet, à travers leurs politiques urbaines, les élus sont amenés à se questionner et à intervenir sur : l’aménagement du territoire, le lieux d’implantation des activités et des infrastructures, l’offre d’énergie proposée, les typologies de bâtiments, les formes urbaines, les choix en matière d’éclairage public, etc. Or toutes ces thématiques ont un impact direct sur la demande et la desserte en énergie ainsi que sur le niveau des émissions de gaz à effet de serre. Les décisions d’aménagement du territoire arrêtées aujourd’hui conditionnent par ailleurs la vulnérabilité des territoires à très long terme (la durée de vie du cadre bâti – équipements, infrastructures et logements – dépasse un siècle).
 
Parce qu’il contribue à lutte contre l’étalement urbain, l’urbanisme durable participe à la préservation de l’environnement et à l’épanouissement de tous les êtres. L’urbanisme durable appelle les élus et porteurs de projet à favoriser une approche partagée et systémique de l’aménagement urbain, à appréhender de manière plus collective les nouveaux projets urbains ainsi qu’à disposer d’une vision prospective du développement de leur territoire. Les orientations des politiques d’urbanisme étant difficiles et coûteuses à modifier a posteriori, il est nécessaire d’intégrer les enjeux d’adaptation du territoire aux changements climatiques dans les documents d’urbanisme au plus tôt, en anticipation des conditions climatiques futures. Les Plans Climat Energie Territoriaux, généralisés par le Grenelle de l’environnement, accompagnent les collectivités, urbaines et rurales, ainsi que les territoires de projets, dans la mise en place de stratégies urbaines plus globales et visent à intégrer progressivement des pratiques d’actions menant vers un urbanisme durable.
Les leviers d’actions permettant la prise en compte des enjeux énergétiques et climatiques dans les politiques urbaines sont aujourd’hui nombreux. Ils s’articulent autour de trois étapes clés du projet urbain :
 
1) agir en amont des démarches d’urbanisme opérationnelles, dès la phase d’élaboration des documents de planification aux différentes échelles de projet : projets d’aménagement inter-territoriaux (SCOT, Chartes), projets de développement urbain locaux (PLU) et programmes opérationnels (PLH). Ces documents définissent, à l’échelle du territoire, les facteurs structurants de l’offre et de la demande énergétique locale (actions sur les formes urbaines, la localisation des activités et des zones d’habitat, l’organisation des transports et leurs articulations avec les activités, la gestion des déchets, etc.).
 
2) agir lors de la réalisation d’opérations d’aménagement tels que leslotissements, les zones d’aménagement concertées (ZAC), les opérations de renouvellement urbain, en favorisant une approche systémique : choix énergétiques, mobilité de proximité, intégration du quartier dans l’espace environnant (éco-quartiers), choix urbains, orientation des bâtiments, choix des matériaux adaptés aux climats présent et futurs, intégration de trames vertes et trames bleues (espaces rafraîchissants en milieu urbain), etc.
 
3) agir dans le cadre de la gestion des espaces urbains : développement des transports collectifs de personnes et réorganisation de l’offre de transports pour une meilleure desserte, amélioration des performances énergétiques des logements sociaux (Opération programmé de l’habitat intégrant un volet énergie), intégration de trames vertes et trames bleues, etc.
 
Face aux enjeux croissants de maîtrise de l’énergie, de réduction des émissions de GES et de protection des populations, milieux et activités face aux impacts des changements climatiques, les collectivités et territoires de projets sont plus que jamais concernés par la mise en œuvre de nouvelles pratiques en faveur d’une approche durable de l’aménagement du territoire. En tant qu’échelles d’animation et de coordination des politiques de développement local, les territoires de projets participent à la formation et la construction d’une culture partagée par l’ensemble des acteurs locaux. Ce sont également des espaces propices à l’expérimentation de nouvelles formes urbaines dans les domaines de l’habitat, des transports, du foncier agricole (valorisation des ressources énergétiques locales, adaptation du bâti ancien à partir d’éco-matériaux locaux, revitalisation et densification des centres bourgs,…).