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Dans quels domaines agir ?

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Production et distribution locales d'énergie

Contexte et enjeux

Chiffres clés 2007 :
  • l’électricité représente 42% de la consommation primaire d’énergie
  • 77% de l’électricité française est produite à partir de nucléaire
  • les émissions de CO2 du chauffage électrique direct sont du même ordre de grandeur que celles du chauffage au gaz naturel (environ 200 gCO2/kWh)
  • la part des EnR dans la consommation finale stagne depuis 1990

 

 

La résolution des défis énergétiques et climatiques de demain doit passer par une transition énergétique où la sobriété, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables seront les piliers centraux. Cette transition, dont le caractère indispensable a été réaffirmé en France par le Grenelle de l’Environnement, demande une modification profonde de nos systèmes de production et de nos habitudes de consommation d’énergie, sources principales des émissions de gaz à effet de serre de notre pays.

Le système énergétique français actuel est la résultante des politiques et stratégies industrielles de ces quarante dernières années. Celles-ci ont fortement favorisé le développement de l’énergie électrique, en substitution  des combustibles importés, dans un souci de sécurité  d'approvisionnement. Aujourd’hui, bien que cette stratégie permette au pays de disposer d’une électricité faible en émissions de carbone (en moyenne annuelle), celle-ci montre d’importantes limites : sensibilité croissante aux aléas climatiques, pertes en ligne importantes, etc.

En outre, le basculement sur le système électrique d'une part toujours plus importante des services énergétiques du pays (intégration des énergies renouvelables, pompes à chaleur, véhicules électriques, etc.) va encore augmenter la dépendance de notre pays à ce réseau.

Enfin, le système énergétique doit également limiter les impacts de ses infrastructures sur les paysages et la biodiversité.

La priorité pour une politique efficace d’atténuation/réduction des émissions de GES est à l'efficacité énergétique, qui permet :

  • des gains de CO2 et des gains économiques ;
  • une rénovation des systèmes consommateurs d'énergie, donc une amélioration des services rendus ;
  • une diminution de la précarité énergétique ;
  • une diminution des infrastructures de production/transport/distribution et de leurs impacts sur les milieux naturels ;
    … avec des coûts souvent inférieurs aux énergies renouvelables.


Par la généralisation des Plans Climat Energie Territoriaux, le gouvernement redonne la légitimité nécessaire aux collectivités à intervenir dans le domaine énergétique sur leur territoire. Leur implication se joue en priorité au niveau de la maîtrise de la consommation énergétique de leur patrimoine communal et de leur territoire, du développement de la production décentralisée d’énergie et de l’adaptation des réseaux de distribution à l’ajout de cette nouvelle production.

Les collectivités, notamment dans le cadre de leur politique de développement des énergies renouvelables et pour optimiser la répartition des installations de production décentralisée, doivent étudier l’impact des changements climatiques sur les réseaux locaux de transport-distribution énergétique, principalement électrique. Ceux-ci sont de deux ordres : la hausse des températures estivales devra s’accompagner d’une augmentation de la consommation pour le besoin de refroidissement, notamment dans le Sud de la France ; les évènements climatiques extrêmes (tempêtes, inondations, périodes de gel intenses, etc.) impacteront directement les réseaux (rupture d’alimentation énergétique, coûts de maintenance des réseaux, etc.). Les collectivités devront immanquablement se poser la question du renforcement des réseaux dans certaines zones de leur territoire.


Le changement climatique aura également un impact sur la production d’énergie. Cet impact pourra être important pour les centrales thermiques et nucléaires dont les systèmes de refroidissement perdront de leur efficacité dans un contexte d’augmentation des températures de l’air et des eaux. Il sera plus incertain pour les installations de production d’énergie renouvelable : la production hydro-électrique deviendra plus aléatoire sous l’effet d’une perturbation du cycle de l’eau et de la pluviométrie associée à une augmentation des températures et périodes de sécheresses ; le rendement des installations solaires devrait bénéficier, de façon très locale, d’une hausse de l’ensoleillement ; la modification des régimes de vents, très localisée et difficile à modéliser, pourra impliquer une redistribution du potentiel éolien de certains sites – les aérogénérateurs sont par ailleurs directement exposés à l’augmentation du risque tempête qui impliquerait des arrêts de sécurité et de maintenance plus nombreux.
 


Maîtriser les consommations énergétiques du patrimoine communal et de l’éclairage public :


De par les services qu’elles assurent et les bâtiments qu’elles gèrent, les collectivités territoriales consomment de l’énergie. Le poste énergétique peut représenter environ 5% de leur budget de fonctionnement. Pourtant, on estime de 20 à 50 % les économies possibles grâce à la mise en place d’une gestion énergétique performante et globale. L’énergie la moins chère étant celle que l’on ne consomme pas !

Les leviers d’actions en la matière sont nombreux :

  • la gestion et le suivi des consommations énergétiques de leur patrimoine ;
  • la prise en compte du coût global de la fourniture d’énergie afin de les orienter dans leurs politiques d’achats d’énergie ;
  • l’analyse de l’efficacité et de la qualité de l’existant (patrimoine, équipements…) et des nouvelles installations.

La connaissance de son patrimoine et de ses besoins est une base indispensable pour hiérarchiser les actions d’efficacité énergétique à mettre en œuvre.

 

Participer à l’effort national de développement des énergies renouvelables :


Les énergies renouvelables (éolien, solaire, hydraulique, bois…) et fatales (déchets, UIOM…) contribuent à la diversification et à la sécurité énergétique de notre pays, participent à la lutte contre le changement climatique et garantissent l’approvisionnement en énergie de zones rurales ou isolées. Par conséquent, leur développement est indispensable.
En 2007, seulement 6,6% de la consommation primaire d’énergie de la France sont produits à partir de sources énergétiques renouvelables. Ramenée en énergie finale, cette part ne dépasse pas les 10% alors que l’objectif visé par la France est de 23% d’ici 2020. L’atteinte de cet objectif ne sera possible qu’en combinant le développement des énergies renouvelables mais aussi et surtout la maîtrise de la demande énergétique.

Les collectivités ont la possibilité d’influer fortement sur le développement des énergies renouvelables sur leur territoire à travers plusieurs moyens d’actions :

  • en montrant l’exemple sur leur patrimoine, par la production de chaleur ou d’électricité à partir d’énergies locales, renouvelables et fatales ;
  • en achetant de l’électricité verte, soit auprès de leur fournisseur en incluant un pourcentage d’électricité verte dans leur contrat, soit en achetant directement des certificats verts auprès des détenteurs sur le marché des certificats européen RECS ;
  • en incitant les acteurs de leur territoire à développer les énergies renouvelables…

 

Comme expliqué précédemment, le choix des sites de production d’énergie renouvelable devra intégrer différents enjeux d’adaptation à un contexte climatique futur.

 

 

Préparer et adapter les réseaux de distribution :


La diversification des sources de production française, liée au développement des énergies renouvelables, va avoir une incidence significative sur les puissances transitées sur les réseaux de distribution d’électricité. Les collectivités territoriales, en tant qu’autorités concédantes des réseaux de distribution, doivent participer à l'adaptation du dimensionnement de leurs réseaux à ces évolutions.

Dans le même temps, le Fonds Chaleur, mis en place par le Grenelle, doit permettre de substituer une partie de l’électricité consommée pour la production de chaleur par des sources renouvelables thermiques et alléger le réseau. Les efforts de maîtrise des consommations dans les bâtiments participent également à réduire la demande. De même, l’augmentation attendue des températures hivernales moyennes devrait conduire à une baisse du besoin de chaleur en hiver ; il est toutefois possible que, dans le cadre d’un développement tendanciel du chauffage électrique, des pics de froid aient un impact notable sur les réseaux électriques en créant des pics de demande auxquels les réseaux doivent être préparés

La tempête de 1999 a montré la vulnérabilité du réseau électrique français, notamment dans les zones rurales. Le développement de la production décentralisée, comme solution autonome, la généralisation d’actions de maîtrise de l’énergie, peuvent être des alternatives à l’extension ou au renforcement de réseaux. Les territoires de projets peuvent alors apparaître comme des intermédiaires stratégiques entre les collectivités concernées et les syndicats de réseaux.