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Economie locale

Contexte et enjeux

Chiffres clés :
  • Le transport touristique, tous modes confondus, représente 6% des émissions de GES françaises
  • En 2006, l’avion a été le mode de transport de 7% des séjours touristiques mais a produit 62% des émissions dues aux déplacements touristiques
  • Le Grenelle de l’environnement devrait générer plus de 600 000 emplois d’ici 2020 dans les secteurs du bâtiment, des EnR et des infrastructures
 
 
Le système économique mondial dominant repose notamment sur une intensification des flux de transports de marchandises et de personnes ainsi que sur une consommation croissante des ressources énergétiques et des milieux naturels. Ce sont autant de facteurs qui contribuent au changement climatique. Les politiques de réduction de gaz à effet de serre exigent des collectivités de repenser ce modèle économique et d’agir en faveur d’un développement local durable. Il s’agit, pour une même efficacité économique, de réduire l’impact environnemental et social des activités économiques de leurs territoires.
A travers une relocalisation des activités économiques, l’économie locale participe au maintien local du pouvoir économique des territoires, renforce leur attractivité économique et contribue à réduire les flux de transports des marchandises et des personnes. C’est donc un levier important de lutte contre le changement climatique.
En France, l’agriculture et le tourisme sont deux activités majeures du développement économique local des territoires, mais ce sont également des secteurs particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique. Désormais, plannifier le développement de l’économie locale, nécessite de se questionner sur les adaptations nécessaires à prévoir pour maintenir une viabilité à long terme de l’économie de son territoire.
Dans ce contexte, le Plan Climat Energie Territorial accompagne les collectivités territoriales et les territoires de projets dans leurs actions d’atténuation / réduction des émissions de GES induites par leurs activités économiques. Il permet aussi de réfléchir sur les solutions d’adaptation de ses mêmes activités aux changements attendus du climat et du contexte énergétique.
 
 

Prévenir les émissions de gaz à effet de serre

Les collectivités et territoires de projets tiennent un rôle déterminant dans le développement économique de leurs territoires, mais ils ont une responsabilité toute aussi cruciale dans la préservation environnementale de leur circonscription. La réunion de ces contraintes aboutit à la construction d’une économie locale durable dont ils sont les architectes, les instigateurs. Toutefois, l’objectif ne saurait être atteint sans la participation active des entreprises du territoire.
C’est pourquoi les collectivités et territoires de projets incitent les acteur économiques à s’engager dans la voie de la transition écologique et énergétique, en encourageant par exemple l’installation de commerces de proximité au sein des villes et communes rurales, à valoriser, à développer les ressources et savoirs faire locaux. Cela devient ainsi une opportunité pour renforcer l’attractivité des territoires par la création d’activités nouvelles et d’emplois locaux non délocalisables. Ceci induit une réduction des flux de transport de marchandises et de personnes et limite par conséquent les émissions de gaz à effet de serre associées.
L’économie locale incite aussi à la création de nouvelles filières courtes de production et de distribution de biens et de services, C’est notamment le cas du secteur agricole, où l’on développe des circuits alimentaires de proximité. Outre le renforcement du lien social entre le consommateur et l’agriculteur, le développement des circuits courts contribue ainsi à la lutte contre le changement climatique grâce à une valorisation de produits locaux et à la création de points de distribution de proximité.
C’est aussi le cas du tourisme qui est un autre secteur majeur du développement économique local et qui contribue significativement au changement climatique. Les collectivités et territoires de projets s’engagent ainsi de manière croissante vers un tourisme plus durable, en réduisant l’impact environnemental de leurs hébergements et de leurs équipements. Il s’agit pour eux d’inciter le grand public à renouer avec un tourisme de proximité. En effet, le recours croissant au transport aérien, par exemple pour des courts séjours à l’étranger, a considérablement alourdi la responsabilité du secteur touristique en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Le tourisme durable et de proximité constitue donc un pan important de l’économie locale qu’il faut développer et intégrer dans le Plan Climat-Energie Territorial.
 
 

Adapter l’économie locale au changement climatique

 

Le rapport Stern (2006) et les nombreuses études publiées ces dernières années sur les incidences économiques du changement climatique ont mis en avant le coût de l’inaction face au dérèglement des équilibres climatiques. Elles ont démontré que l’action en faveur de l’économie locale passe par la protection des activités économiques d’un territoire contre les impacts des changements climatiques. Les impacts sur les secteurs du bâtiment et des infrastructures (infrastructures routières, réseaux de communication, etc.) et sur les infrastructures et réseaux énergétiques peuvent avoir un coût important pour l’économie locale. Les activités agricoles et viticoles sont au cœur du dynamisme de nombreux territoires et le changement climatique représente une réelle menace pour leur économie. Dans cette perspective, les collectivités doivent inciter les acteurs locaux à engager au plus vite une réflexion sur les modifications à apporter aux pratiques agricoles.


Le tourisme est une autre activité particulièrement associée aux caractéristiques d’un climat local et donc vulnérable aux impacts des changements climatiques. Avec une augmentation des températures moyenne de 2°C, les conséquences sur le secteur seraient majeures :

 
  •  en montagne : baisse importante du manteau neigeux sur les zones de moyenne montagne (en dessous de 1 800 mètres) qui remettrait en question la pratique de sports d’hiver sur un grand nombre de stations, particulièrement celles situées à moins de 1 500 mètres d’altitude ;
  • sur le littoral : élévation du niveau de la mer et accélération de l’érosion des côtes, ce qui remettrait en cause le modèle de tourisme balnéaire ; 20% des communes françaises seraient concernées par ce phénomène ;
  • sur le tourisme patrimonial : dégradation des bâtiments historiques et remarquables d’un territoire (inondations, mouvements de terrain, tempêtes, incendies, etc.) ;
  • sur les paysages et la ressources en eau : augmentation des risques naturels (feux de forêts, cyclones), migration d’espèces végétales, pénuries d’eau…

 

A moyen/long terme, ces impacts seront susceptibles d’amoindrir l’attractivité touristique de certains territoires, voire de remettre en cause totalement l’existence de leur tourisme. Ces territoires doivent donc, dès à présent, envisager des stratégies d’adaptation qui prépareront leur territoire à l’évolution de la demande touristique, en réaction à la modification du climat et ce, par une diversification et une amélioration de leur offre touristique.