Transport et mobilité
Contexte et enjeux
Chiffres clés 2007 :
le CO2 représente 96.2 % des émissions de GES du secteur
le transport routier est responsable de 93.6 % des émissions de CO2 du secteur
le part automobile francçais émet 174 g de CO2/km (objectif 2020 : 130 g/km)
les consommations de carburant du secteur aérien ont augmenté de 87 % depuis 1990
Le développement économique de ces trente dernières années a entrainé une augmentation forte de nos besoins en mobilité, devenue indispensable à nos modes de vie actuels. La voiture, de par sa praticité et la flexibilité qu’elle offre à ses utilisateurs, s’est imposée comme le mode de transport principal des ménages.
Une mobilité croissante
La mobilité croissante des ménages s’est conjuguée à une augmentation constante des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux transports (+19,1% depuis 1990). Devenu le premier secteur émetteur en France, les transports représentent aujourd‘hui 27% des émissions globales et 31% de la consommation d’énergie finale (données CITEPA 2007). Malgré la multiplication d’actions en faveur des modes de déplacements moins polluants et des progrès technologiques associés, la situation ne cesse de s’aggraver, éloignant la France des objectifs européens et internationaux en la matière. Il est clair qu’au-delà des avancées technologiques, c’est majoritairement le changement des comportements qui permettra d’infléchir la tendance.
Le rôle essentiel des collectivités territoriales
Dans ce contexte, les collectivités territoriales ont un rôle particulièrement important à jouer sur la problématique des transports. Par leurs politiques d’urbanisme et d’aménagement, elles organisent et répartissent les activités sur le territoire (infrastructures de transports, bâtiments, distribution d’énergie…). Ces décisions sont d’autant plus importantes qu’elles reposent sur des investissements de long terme dont les impacts s’inscriront sur les décennies à venir. Jusqu’à présent, les choix d’urbanisme opérés ont généré un phénomène préoccupant d’étalement urbain. Ce modèle, très énergivore et consommateur d’espace, repose sur l’utilisation de la voiture. On constate ainsi une importante augmentation du recours à la voiture individuelle (aujourd’hui, près de 40% des ménages français disposent de plusieurs voitures contre 16% en 1980) et des distances moyennes parcourues par ménage (le kilométrage total s’est accru de 39% entre 1990 et 2005).
Le transport de marchandises, quant à lui, se fait presque exclusivement par la route, malgré les efforts fournis pour le développement du transport par voies ferroviaires et fluviales.
Le transport routier (marchandises et personnes) concentre 80 % de la consommation d'énergie du secteur et est responsable de 90,6% des émissions totales, tous modes de transport confondus. Cette différence s’explique du fait de la faiblesse des émissions dues au transport ferroviaire dans les émissions totales. Le train, alimenté quasi exclusivement en électricité, a un impact carbone faible, alors que le secteur routier est dépendant à 98 % des produits pétroliers. Avec un prix du baril de pétrole en augmentation, ceci constitue un facteur important de vulnérabilité des territoires, notamment pour les territoires ruraux où les enjeux de précarité énergétique sont particulièrement forts.
Le transport aérien, bien que ne représentant que 3,3% des émissions totales du secteur, contribue de plus en plus au réchauffement climatique. Les émissions de GES du secteur ont augmenté de 87% en seulement 15 ans. Compte tenu du fait que le trafic aérien devrait plus que doubler d’ici 2020 et que les gaz qu’il rejette (CO2, vapeur d’eau, NOx, traînées de condensation), ont un pouvoir de réchauffement 2,7 fois plus élevé que celui du CO2, le transport aérien devient un enjeu climatique prioritaire de ces prochaines années.
La vision « transport » n’est pas une simple question de véhicules et d’offre de déplacements doux. Au-delà, les collectivités territoriales doivent aborder ce sujet de manière transverse à leurs politiques d’aménagement et concertée avec les territoires alentour, afin de réduire et maîtriser le besoin de déplacements.
Le secteur des transports représente donc un enjeu stratégique prioritaire de long terme, en matière de maîtrise de la vulnérabilité énergétique des territoires et de lutte contre le changement climatique.

