Qu’est-ce qu’un Plan Climat-Energie Territorial ?
Le Plan Climat-Energie Territorial (PCET) est un projet territorial de développement durable dont la finalité première est la lutte contre le changement climatique.
Institué par le Plan Climat National et repris par les lois Grenelle 1 et le projet de loi Grenelle 2, il constitue un cadre d’engagement pour le territoire.
Le PCET vise deux objectifs :
- atténuation / Réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre, il s’agit de limiter l’impact du territoire sur le climat en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans la perspective du facteur 4 (diviser par 4 les émissions d’ici 2050) ;
- adaptation au changement climatique, il s’agit de réduire la vulnérabilité du territoire puisqu’il est désormais établi que les impacts du changement climatique ne pourront plus être intégralement évités.
Un PCET se caractérise également par des ambitions chiffrées de réduction des émissions de GES et par la définition dorénavant d’une stratégie d’adaptation du territoire (basée sur des orientations fortes en termes de réduction de la vulnérabilité et de créations d’opportunités), dans des contraintes de temps.
Pour la réduction des émissions de GES
Pour 2020 : les « 3 X 20 % » de l’Union Européenne :
- réduire de 20% les émissions de GES ;
- améliorer de 20 % l’efficacité énergétique ;
- porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie.
L'objectif de réduction des émissions de GES pourrait être porté par l'Union Européenne à 30 % si d’autres pays développés adoptaient un objectif de niveau équivalent, au cours de la négociation de « l’après-Kyoto » et si les pays en voie de développement s'impliquaient également dans la mesure de leurs possibilités.
En France, les objectifs « 3 x 20% » sont déclinés comme suit :
- Réduction de 17% des émissions de GES
- Réalisation de 20% d’économie d’énergie en 2020
- L’intégration de 23% d’Energie Renouvelable dans la consommation d’énergie finale en 2020
Pour 2050 : le facteur 4, diviser par 4 les émissions de GES.
Si l’horizon paraît lointain, l’atteinte de cet objectif, à terme, implique d’engager un effort soutenu dès aujourd’hui et de poser les bases d’un travail prospectif et collectif qui fera émerger une vision du territoire à long terme ainsi que de la trajectoire permettant de l’atteindre.
Pour la réduction de la vulnérabilité
Il n’existe pas d’objectif réglementaire et chiffré concernant la question de l’adaptation au changement climatique. Il est toutefois, nécessaire d’anticiper dès aujourd’hui cette question : ce principe permet de développer une adaptation réfléchie et planifiée. Celle-ci permet une transition plus progressive et plus en douceur qu’une adaptation spontanée (ou réaction postérieure à une modification du climat).
Cette posture implique :
L’intégration définitive d’une stratégie d’adaptation locale, au plus tôt
- Avoir désigné un responsable (une équipe) en charge de la question d’adaptation du territoire (gouvernance établie et légitimée)
- Avoir identifié les risques et les opportunités pour le territoire,
- Avoir défini les priorités d’action,
- Avoir formalisé la stratégie d’adaptation au changement climatique en veillant à son intégration dans toutes les politiques de territoire,
- Avoir structuré un plan d’actions.
Le déploiement de l’action, le plus rapidement après l’adoption de la stratégie d’adaptation.
Il convient que pendant cette période :
- Les nouveaux principes de la stratégie d’adaptation au changement climatique soient intégrés aux politiques du territoire,
- Les actions de terrain soient développées et implémentées sur le territoire à la faveur de nouveaux projets mais également à la faveur de la révision de l’existant,
- Les premiers retours d’expérience et d’efficacité soient évalués et jugés.
Pour 2050 : Avoir adapté le territoire au travers d’une politique climat intégrée.
A cet horizon, la collectivité aura innervé toutes les politiques territoriales du principe d’anticipation des effets futurs du changement climatique. Le résultat est un territoire plus résiliant, plus robuste, plus adapté tant sur les milieux qu’il abrite (biodiversité, ressources naturelles, eau), sur les activités présentes (tourisme, agriculture, industrie, infrastructures…) que pour les populations qui y vivront (personnes âgées, salariés d’activités climato-sensibles,…).
Il conviendra probablement à cette échéance de tirer les conclusions de l’efficacité des politiques d’adaptation au changement climatique et de réfléchir à leurs évolutions pour la seconde moitié du XXIème siècle.
